Dimanche 4 mai 2008

Comme promis... la suite !


Mon arrivée à Toulouse fut assez difficile… les premières années. Débarqué un peu paumé, ayant passé des vacances d’été pas terribles car ne connaissant encore personne, j’attaquais le CM2 avec un enthousiasme modéré. Cette dernière année en classe primaire fut une catastrophe. Une année sans quasiment aucun ami… à me faire rudement chier et un peu malmener par les autres, entre autre parce que mon petit frère, alors en CE2, taquinait d’un peu trop près les gros bras et venait ensuite se cacher derrière moi…

 

L’entrée au collège fut pire. L’esprit des autres gamins faisait qu’un binoclard comme moi passait directement pour un intello bosseur et apathique… et cette image a réduit à néant mes espoirs de pouvoir faire partie de la bande des joyeux drilles. Du coup, pas le choix, pour se casser au plus vite du collège, fallait bosser. Au cours de ces années, j’ai quand même fini par me lier d’amitié avec plusieurs autres gamins. Les plus présents furent Jean Frédéric, Julien et Jérôme. Avec ses trois là, j’allais vivre mes premières vrais aventures dans la culture geek…

 

Tout commença grâce à mon inscription dans un club de tennis de table, seul sport qui arrivait à me motiver un peu à l’époque. J’avais 12 ans. Là, je fis la connaissance d’un mec aussi sympathique que « bouboule » (affectueusement si tu me lis ;)). Ce gars avait presque 10 ans de plus que moi. Un jour, je fus surpris de voir que lui et quelques autres du club du même âge, s’échangeaient des cartes spéciales… Ils me montrèrent cet obscur « jeu », car d’après eux il s’agissait d’un jeu d’un genre nouveau, basé sur un système de cartes à collectionner. En prenant en main l’une de ces cartes… j’eu un coup de foudre ! Des illustrations hallucinantes de dragons, d’éclairs, de guerriers et de créatures toutes aussi fantastiques, des signes cabalistiques aux définitions étranges, des textes fabuleux… Un seul nom, une seule passion, qui allait me dévorer pour les quelques années à venir… MAGIC : The Gathering ! (© Wizard of the Coast). Moi qui était déjà fan des fameux Livres dont VOUS êtes le Héro, j’avais là accès à un nouveau type de loisir « fantastique » que j’allais pouvoir ENFIN partager.

 

Dès le début, je suis devenu fan. « La Boule », de son prénom Nicolas, me fit DON de plusieurs centaines de cartes lorsqu’il vit que j’étais prêt à me lancer dans l’aventure avec eux. Il devint mon mentor… me filait régulièrement des cartes, m’emmenait avec lui chez ses potes pour des parties endiablées… Il prit vite une place de « grand frère spirituel » et m’accompagna pour le reste de mon adolescence. Entre temps, avec mon pote Jean Frédéric, nous nous attaquions à un nouveau type de jeu, découvert dans les magasins où nous allions ensemble dépenser notre argent de poche dans nos cartes… Le Wargame… et pas n’importe lequel : WarHammer 40.000 (© Games Workshop) himself. Lui se mit à la tête des puissants Space Marines, moi à celle des cruels Eldars Noirs. Plus tard Julien se joignit à nous avec sa Garde Impériale et son artillerie destructrice. Au départ, nous jouions sur une table, avec deux ou trois dizaines de figurines, même pas peintes, et une ou deux boîtes de chaussures ou de gâteaux pour simuler les décors titanesques de nos combats sanglants. Après quelques mois… c’est les 20m² de la véranda de mes parents qui servait de champs de bataille où plusieurs centaines de figurines, véhicules et décors divers (arbres, ruines, bunkers, etc.) s’étalaient en tous sens. Entre temps, mon frère avait décidé de nous damer le pion en s’achetant une armée… et les terribles Tyranides investirent le terrain de nos batailles acharnées du week-end.

 

Un an plus tard… me voilà en possession de plus d’un millier de ses cartes « MAGIC ©» et de plusieurs armées de wargames (Gorka Morka ©, Blood Bowl ©, etc.) vint le fameux été de tous les délires geekesques qui s’amena. Julien, qui jouait depuis à MAGIC © avec Jean Frédéric et moi, eut la chance d’avoir un grand frère qui, une fois partie à l’armée, laissa une chambre pleine d’affaires de jeune adulte offertes à notre curiosité pré-puberte. Parmi tout ce fatras, Julien sortit un truc étrange… Une sorte de grosse boîte en plastique, en forme de gros grimoire, ornée d’une illustration d’un chevalier retirant une splendide épée d’un lac… et portant le titre explicite de : PENDRAGON, le jeu dont VOUS êtes le héro.

Alors là nous étions bouché bée. L’intérieur de la boîte contenait un livre dit « du meneur de jeu » et un dit « des joueurs », accompagnés d’un bloc de « feuilles de personnages », de crayons, de plusieurs dés… et d’un truc bizarre, ressemblant vaguement à un dé, mais avec une vingtaine de faces ! Le truc qui nous accrocha tout de suite ce fut ce dé… nommé D20 selon le livre du « meneur de jeu ». On ne captait rien aux règles… Y’avait pas d’pions, pas d’plateau… pas d’cartes. Juste des livres de règles, de tableaux chiffrés, des feuilles auxquelles on ne comprenait rien… et une magnifique carte de l’Angleterre en l’an 500… Et bien sûr, le « binoclard » du groupe se tapa la mission de déchiffrer tout ce merdier…

Plus j’avançais dans mes investigations, plus je devenais accroc… D’après ces règles, le jeu se passait autour d’une table, après que chaque joueur avait créé un personnage bien à lui recopié sur sa feuille, il devait « l’incarner » comme un acteur. Le fameux Meneur de Jeu occupait lui la place de « réalisateur » et devait à la fois écrire, conter et arbitrer la partie… conçue comme une histoire dans laquelle les joueurs pouvaient se balader et agir librement. Après plusieurs jours de lecture nous attaquions nos premières parties… Et nous sommes tous tombé dans le loisir ULTIME ! Le Jeu de Rôle !

 

Nos parties duraient des heures, des jours, des nuits… Toutes nos vacances, week-end, soirées entre potes, passaient là dedans. PENDRAGON et l’univers du Roi Arthur n’avait plus de secret. Moi en Meneur de Jeu (MJ) et mes trois joueurs… Jean Frédéric, Julien, et Jérôme (que nous avions recruté). Nous nous éclations comme des fous, vivions des aventures rocambolesques, combattions des créatures aussi dangereuses que fantastiques, déjouions des complots machiavéliques, construisions des châteaux-forts, engagions des armées, organisions nos terres et nos cultures, engrangions des richesses et faisions la guerre aux seigneurs voisins. Et tout cela autour d’une table, avec pour seule équipement des dés, des crayons et des feuilles de papier. Notre imagination n’avait plus de limites et nous adorions ça ! Parallèlement, ma passion pour la culture celtique et ma Bretagne natale me fit plonger à corps perdu dans la Fantasy… sans savoir ce que tout cela cachait encore de plus fabuleux !

 

Après plusieurs mois d’aventure… je parlais à l’occasion de notre nouvelle trouvaille à Nicolas, mon « mentor »… Et là, voilà qu’il me répond :

 

« Ouais, du JdR, j’en fais depuis des années avec mes potes ! Vous voulez jouer avec nous ? On a une association où on joue ensemble les week-ends. Il existe un tas d’autres jeux ! On y incarne des vampires, des anges, des trolls, des magiciens ! »

 

Je tombais de haut ! Excité, j’embarquais Julien avec moi, et nous entrâmes dans le groupe des Aventuriers du Bord du Temps. Le jeu de rôle n’eut bientôt plus aucun secret pour nous… et les années qui suivirent furent parmi les plus géniales. Voilà comment en vieillissant, Nicolas et quelques potes à lui créèrent leur société d’édition, YggDrasil, et leur propre jeu de rôle… Ji Herp, auquel nous avons tous eu l’occasion d’amener notre ciment.

 

Une fois au lycée, nous avons arrêté MAGIC © (devenu trop coûteux et trop différent de la version avec laquelle nous avions commencé), commencé à courir les filles (avec pas mal de difficultés vu qu’on était du groupe « intellos » et pas « rugbymen »)… Nous avons dû ralentir un peu le JdR… augmenté la fréquence des fiestas entre potes, avec l’alcool, les premières dragues, etc. Les filles nous intéressaient et nous y consacrions un temps fou. Jean Frédéric fut le premier à sortir du clan des « pussots »… je le suivi peu de temps après. Si Jean Frédéric et ses nouvelles aventures sexuelles s’éloigna du groupe, en ce qui me concerne, ma première aventure amoureuse était une joueuse… donc je pu continuer mon loisir… à loisir !

 

Les premières déceptions sentimentales eurent sur moi un effet dévastateur… Et certaines choses (dont je ne parlerais pas ici) firent qu’elles furent VRAIMENT très douloureuses moralement. Le jeu de rôle devint alors pour moi un exutoire de plus en plus puissant. On fut vite rejoints par de nouveaux joueurs très appréciables : Mathieu, Yoann, Nicolas (un autre), Muriel, Clément, etc. J’avais même réussi à intégrer mon pote Antoine, bourguignon de son état et qui passait de temps en temps à Toulouse, à nos parties débridées. Tout cela dura plus de trois ans… de pure folie !

 

J’ai ensuite rencontré PK, mon fidèle ami encore plus présent que jamais aujourd’hui… Il me présenta une jeune demoiselle… qui malheureusement sera venu à bout de toutes mes passions… patiemment. Bah oui PK, t’es un super pote… mais niveau agence des cœurs c’est à revoir.

Ma copine suivante fut donc une allergique du JdR… et je du abandonner un peu cette activité, au grand désespoir des autres du groupe… Et je me fis absent des tables de jeu de plus en plus longtemps…

 

Puis vint le temps des adieux… L’été qui suivit le baccalauréat marqua un départ précipité de la région toulousaine. AZF venait d’exploser, mon père était muté en Bretagne… ma copine, maintenant ma « fiancée » me gavait de plus en plus… et il était temps pour moi de prendre un peu le large. Je fis mes adieux à mes compères de toujours, enfin, ce qu’il en restait. Beaucoup de changements avaient eu lieu. PK avait rejoint nos tables, dont j’étais absent assez souvent, Franck (j’ais pas parlé de toi avant, désolé, malgré les excellentes parties qu’on faisait chez toi) était occupé avec de nouvelles activités virtuelles (le MMORPG du doux nom de 4e Prophétie) et délaissait le groupe, Julien était avec sa chérie, Jean Frédéric avait à moitié disparu, et Jérôme était parti très loin. Bref, le groupe avait beaucoup de mal à se tenir. Bref, nos chemins s’étaient séparés et le JdR n’était pas toujours facile à s’organiser… même si nous avions gardé tous un très bon contact.

 

Et c’est ainsi, que sans grand adieux, je pris sans trop de remords la route de la Bretagne… Quimper m’attendait, et la rentrée en faculté se rapprochait.

 

(TO BE CONTINUED)

 

Par Cédric - Publié dans : Perso
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Commentaires

J'arrive un peu en retard, mais tu noteras que j'ai plus que dévié sur le MMORPG ! :D Je savais pas que t'avais un blog, sympa de te lire ! ;)
Commentaire n°1 posté par Franck le 28/11/2008 à 19h04
coucou, t'ecris aussi bien que tu dessine,ton histoire se lit comme un roman, j'ai hate de lire la suite qui se passe a quimper.....:-) ln
Commentaire n°2 posté par helene le 26/05/2008 à 13h37

Une petite Turlute

 

 


Petite version LIVE de la Turlute de Mes Souliers Sont Rouges sur TV Breizh.

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