Perso

Mardi 10 juin 2008

La Bretagne… Terre de légendes, terre des celtes. Pays de rêve pour moi.

Fraîchement arrivé à Quimper, sous une pluie torrentielle de novembre, en pleine inondation de la ville de Quimper, le premier arrêt avant emménagement de mes parents et moi fut une crêperie. Classique me direz-vous. Mais une crêperie à l’ancienne en plein cœur de Quimper sous un déluge digne des meilleures scènes d’apocalypse mythologique, passe du « classique » au pur dépaysement. Pour la première fois de ma vie, ce déménagement m’enchantait. La maison était sublime, le terrain vaste, le cadre splendide, avec une vue imprenable sur la vallée de Quimper. Une faculté accueillante, bien équipée et moderne. Seule une chose freinait mon enthousiasme : le caractère froid des bretons.


Premier mois. Rien. Pas un contact, ma classe semblait sympa… mais deux choses jouaient contre moi : premièrement je n’étais pas du coin, deuxièmement j’étais arrivé en cours un mois après la rentrée, et donc un mois après les autres. J’avais donc manqué les journées d’intégration, n’avait pas de parrain, et n’avait pu profiter des premières semaines de « mise en bouche » du programme. Une prof sadique (pas tant que ça mais un peu quand même) se fit un plaisir de me rappeler ce doux « retard » dans ma présence dès le début de mes cours. Elle me colla arbitrairement dans les pattes d’un des types de la classe afin de confectionner un exposé (dont les sujets avaient été distribués depuis la rentrée). Bon, soyons clair, le mec avait l’air sympathique… mais peu causant. De plus, assez « perso », mon arrivée dans le traitement de SON sujet n’était pas faite pour le rendre accueillant à mon égard. Il fallut bien se mettre au travail malgré tout.


Après plusieurs rendez-vous à la B.U. pour potasser quelques bouquins, sans que nous arrivions réellement à se décrocher un mot sympa et « hors travail », vient le jour où nous bouclons notre exposé. Là, profitant d’une pause bien méritée, je sors de mon sac le livre qui m’accompagnait alors dans tous mes déplacements… Mon Ji Herp, le jeu de rôle qui avait tant compté. Se passa alors quelque chose d’inattendu. Franck (mon « coéquipier ») leva la tête vers mon livre et écarquilla les yeux :


« Ouaw ! C’est Ji Herp ! J’ai fait une partie de ce jeu un jour, il est excellent. »


J’étais stupéfait… car je pensais, une fois sortie du sud de la France, que je serais le seul à le connaître, vu que le jeu, malgré ses qualités énormes, n’avait pas rencontré le succès escompté et était passé quasi inaperçu. S’en suivit un dialogue auquel nous ne nous attendions ni l’un, ni l’autre :


« Ben ouais, dis-je, ce jeu est génial, j’y joue depuis des années… les auteurs sont des potes à moi, et j’ai eu l’occasion d’en suivre sa création…


- La vache, excellent ! Et tu fais du JdR régulièrement ?


- Pas depuis mon départ de Toulouse… mon groupe me manque et j’ai pas rencontré de nouveaux joueurs ici.


- Ok, t’inquiètes pas, si t’es motivé je peux trouver des joueurs et on pourrait se faire une partie sous peu. Au fait, faut que je te présente aux autres… »


Et me voilà donc présenté aux « autres ». Parmi eux, des élèves de la faculté, et d’autres venant de l’ISUGA, école de commerce spécialisée dans les relations avec l’Asie (ou un truc du genre…), que Franck connaissait car il occupait l’un des appartements de leur campus, situé face à la fac.


À partir de là, notre petite bande pu commencer les parties de JdR. Il y avait déjà quelques joueurs plus ou moins occasionnels parmi eux. Mais les parties furent quand même assez rares. Entre les soirées étudiantes, les sorties en boîte, au bar, etc. Sans compter ceux qui se lassaient vite des jeux en cours et voulaient en changer souvent. Pendant un an ce fut assez agréable de vivre les uns avec les autres, et je me sentais rassuré de retrouver un peu l’ambiance bon enfant de mon ex-groupe toulousain. Toutefois, les petites histoires des uns et des autres prenaient parfois des proportions inattendues, telles les querelles de cours d’antan. Sans que cela m’atteigne réellement, ces situations régulières ont toutefois été responsables  du fait que je ne sois jamais très à l’aise au milieu de tout ce microcosme.


Vint la fin de la première année de faculté… et l’entrée aux beaux arts de Lorient. J’en avais bavé pour y arriver. Non pas par le travail, mais parce que sachant que j’entrais dans cette école l’année suivant, je dû quand même supporter l’ambiance des cours de fac qui ne me convenaient plus. En y ajoutant une crise grandissante de mes relations avec mon père, et son incompréhension à me voir désirer intégrer ce genre d’école.


« Artiste, dessinateur ou autre, c’est pas un métier ! disait-il. »


Bref, une entrée aux beaux arts assez chaotique. S’y on y ajoute ma rupture d’avec ma « fiancée » de l’époque, toujours coincée à Toulouse… Ce fut encore une rentrée pleine de changements, et même si l’excitation prend vite le pas sur l’angoisse, cette dernière reste alors très présente.

Les beaux arts, c’est un peu l’école du geek… On apprend des trucs super fun et super intéressants… mais peu utiles, il faut l’avouer, pour une carrière en dehors des arts. Toutefois, ce fut très grisant. Ambiance sympathique, travail acharné mais motivant, un appartement à moi (car mes parents, même peu motivés par mes choix, ont cette capacité à me suivre quoi qu’il arrive…) et une nouvelle copine… quimpéroise (ce qui me poussait à rentrer assez souvent chez mes parents au final). Mais cet état de bonheur ne dura pas. Dès la rentrée de la seconde année, tout bascula. Les places devenaient chères et les élèves hargneux, prêts à se tirer dans les pattes pour faire chuter les élèves le plus en difficulté. Ce fut la guerre, des clans se formèrent. Un couple d’amis et moi formions l’un d’entre eux… juste parce qu’en ce qui nous concernait, les guéguerres d’intérêts nous motivaient peu. Plusieurs de nos amis partirent en cours d’année… pour cause de dépression. C’est dire si les coups portés étaient violents. Ce climat ne s’arrangea d’ailleurs pas avec l’annonce qui sonna le glas de mon cursus aux beaux arts : l’école abandonnait le diplôme d’infographie dans lequel j’étais lancé, avec une dizaine d’autres, et fermait la section. Le comité de l’école voulait reclasser les élèves concernés en section art. Moi, complètement paumé, je m’enfermais chez moi pendant trois mois… faisant sauter une bonne partie des cours. J’ai tout de même tenu à terminer ma seconde année, mais je jouais un mauvais tour aux professeurs en ne présentant que des travaux d’infographie, afin de marquer mon réel mécontentement face à la fermeture injuste de ma section. Le couperet est tombé… des profs agressifs m’ont montré de quel bois on se chauffait avec les élèves récalcitrants. J’ai eu très mal… mais j’ai pu aussi rendre les coups à des profs qui à mon avis ne méritaient plus leur poste depuis bien longtemps.

J’ai donc quitté les beaux arts, la rage au ventre, et j’ai cherché à approfondir ma formation dans le domaine de la communication graphique. Toutefois, fini pour moi les études tranquilles à travailler dans des matières rares ou artistiquement trop fermées. J’avais besoin de professionnalisme, de cadre… bref, d’un peu d’ordre. Avoir l’esprit « geek » et être épris de liberté ne prive toutefois pas d’un besoin de concret et de réalisme. Je m’orientais donc vers un simple baccalauréat professionnel. Simple, pas tout à fait en vérité. Celui-ci était particulier et proposait à des élèves issus des études supérieures de retenter une expérience scolaire classique. Je passais donc ce diplôme en deux ans au lieu de quatre.

Et de nouvelles aventures commençaient…

(TO BE CONTINUED)

Par Cédric
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Dimanche 4 mai 2008

Comme promis... la suite !


Mon arrivée à Toulouse fut assez difficile… les premières années. Débarqué un peu paumé, ayant passé des vacances d’été pas terribles car ne connaissant encore personne, j’attaquais le CM2 avec un enthousiasme modéré. Cette dernière année en classe primaire fut une catastrophe. Une année sans quasiment aucun ami… à me faire rudement chier et un peu malmener par les autres, entre autre parce que mon petit frère, alors en CE2, taquinait d’un peu trop près les gros bras et venait ensuite se cacher derrière moi…

 

L’entrée au collège fut pire. L’esprit des autres gamins faisait qu’un binoclard comme moi passait directement pour un intello bosseur et apathique… et cette image a réduit à néant mes espoirs de pouvoir faire partie de la bande des joyeux drilles. Du coup, pas le choix, pour se casser au plus vite du collège, fallait bosser. Au cours de ces années, j’ai quand même fini par me lier d’amitié avec plusieurs autres gamins. Les plus présents furent Jean Frédéric, Julien et Jérôme. Avec ses trois là, j’allais vivre mes premières vrais aventures dans la culture geek…

 

Tout commença grâce à mon inscription dans un club de tennis de table, seul sport qui arrivait à me motiver un peu à l’époque. J’avais 12 ans. Là, je fis la connaissance d’un mec aussi sympathique que « bouboule » (affectueusement si tu me lis ;)). Ce gars avait presque 10 ans de plus que moi. Un jour, je fus surpris de voir que lui et quelques autres du club du même âge, s’échangeaient des cartes spéciales… Ils me montrèrent cet obscur « jeu », car d’après eux il s’agissait d’un jeu d’un genre nouveau, basé sur un système de cartes à collectionner. En prenant en main l’une de ces cartes… j’eu un coup de foudre ! Des illustrations hallucinantes de dragons, d’éclairs, de guerriers et de créatures toutes aussi fantastiques, des signes cabalistiques aux définitions étranges, des textes fabuleux… Un seul nom, une seule passion, qui allait me dévorer pour les quelques années à venir… MAGIC : The Gathering ! (© Wizard of the Coast). Moi qui était déjà fan des fameux Livres dont VOUS êtes le Héro, j’avais là accès à un nouveau type de loisir « fantastique » que j’allais pouvoir ENFIN partager.

 

Dès le début, je suis devenu fan. « La Boule », de son prénom Nicolas, me fit DON de plusieurs centaines de cartes lorsqu’il vit que j’étais prêt à me lancer dans l’aventure avec eux. Il devint mon mentor… me filait régulièrement des cartes, m’emmenait avec lui chez ses potes pour des parties endiablées… Il prit vite une place de « grand frère spirituel » et m’accompagna pour le reste de mon adolescence. Entre temps, avec mon pote Jean Frédéric, nous nous attaquions à un nouveau type de jeu, découvert dans les magasins où nous allions ensemble dépenser notre argent de poche dans nos cartes… Le Wargame… et pas n’importe lequel : WarHammer 40.000 (© Games Workshop) himself. Lui se mit à la tête des puissants Space Marines, moi à celle des cruels Eldars Noirs. Plus tard Julien se joignit à nous avec sa Garde Impériale et son artillerie destructrice. Au départ, nous jouions sur une table, avec deux ou trois dizaines de figurines, même pas peintes, et une ou deux boîtes de chaussures ou de gâteaux pour simuler les décors titanesques de nos combats sanglants. Après quelques mois… c’est les 20m² de la véranda de mes parents qui servait de champs de bataille où plusieurs centaines de figurines, véhicules et décors divers (arbres, ruines, bunkers, etc.) s’étalaient en tous sens. Entre temps, mon frère avait décidé de nous damer le pion en s’achetant une armée… et les terribles Tyranides investirent le terrain de nos batailles acharnées du week-end.

 

Un an plus tard… me voilà en possession de plus d’un millier de ses cartes « MAGIC ©» et de plusieurs armées de wargames (Gorka Morka ©, Blood Bowl ©, etc.) vint le fameux été de tous les délires geekesques qui s’amena. Julien, qui jouait depuis à MAGIC © avec Jean Frédéric et moi, eut la chance d’avoir un grand frère qui, une fois partie à l’armée, laissa une chambre pleine d’affaires de jeune adulte offertes à notre curiosité pré-puberte. Parmi tout ce fatras, Julien sortit un truc étrange… Une sorte de grosse boîte en plastique, en forme de gros grimoire, ornée d’une illustration d’un chevalier retirant une splendide épée d’un lac… et portant le titre explicite de : PENDRAGON, le jeu dont VOUS êtes le héro.

Alors là nous étions bouché bée. L’intérieur de la boîte contenait un livre dit « du meneur de jeu » et un dit « des joueurs », accompagnés d’un bloc de « feuilles de personnages », de crayons, de plusieurs dés… et d’un truc bizarre, ressemblant vaguement à un dé, mais avec une vingtaine de faces ! Le truc qui nous accrocha tout de suite ce fut ce dé… nommé D20 selon le livre du « meneur de jeu ». On ne captait rien aux règles… Y’avait pas d’pions, pas d’plateau… pas d’cartes. Juste des livres de règles, de tableaux chiffrés, des feuilles auxquelles on ne comprenait rien… et une magnifique carte de l’Angleterre en l’an 500… Et bien sûr, le « binoclard » du groupe se tapa la mission de déchiffrer tout ce merdier…

Plus j’avançais dans mes investigations, plus je devenais accroc… D’après ces règles, le jeu se passait autour d’une table, après que chaque joueur avait créé un personnage bien à lui recopié sur sa feuille, il devait « l’incarner » comme un acteur. Le fameux Meneur de Jeu occupait lui la place de « réalisateur » et devait à la fois écrire, conter et arbitrer la partie… conçue comme une histoire dans laquelle les joueurs pouvaient se balader et agir librement. Après plusieurs jours de lecture nous attaquions nos premières parties… Et nous sommes tous tombé dans le loisir ULTIME ! Le Jeu de Rôle !

 

Nos parties duraient des heures, des jours, des nuits… Toutes nos vacances, week-end, soirées entre potes, passaient là dedans. PENDRAGON et l’univers du Roi Arthur n’avait plus de secret. Moi en Meneur de Jeu (MJ) et mes trois joueurs… Jean Frédéric, Julien, et Jérôme (que nous avions recruté). Nous nous éclations comme des fous, vivions des aventures rocambolesques, combattions des créatures aussi dangereuses que fantastiques, déjouions des complots machiavéliques, construisions des châteaux-forts, engagions des armées, organisions nos terres et nos cultures, engrangions des richesses et faisions la guerre aux seigneurs voisins. Et tout cela autour d’une table, avec pour seule équipement des dés, des crayons et des feuilles de papier. Notre imagination n’avait plus de limites et nous adorions ça ! Parallèlement, ma passion pour la culture celtique et ma Bretagne natale me fit plonger à corps perdu dans la Fantasy… sans savoir ce que tout cela cachait encore de plus fabuleux !

 

Après plusieurs mois d’aventure… je parlais à l’occasion de notre nouvelle trouvaille à Nicolas, mon « mentor »… Et là, voilà qu’il me répond :

 

« Ouais, du JdR, j’en fais depuis des années avec mes potes ! Vous voulez jouer avec nous ? On a une association où on joue ensemble les week-ends. Il existe un tas d’autres jeux ! On y incarne des vampires, des anges, des trolls, des magiciens ! »

 

Je tombais de haut ! Excité, j’embarquais Julien avec moi, et nous entrâmes dans le groupe des Aventuriers du Bord du Temps. Le jeu de rôle n’eut bientôt plus aucun secret pour nous… et les années qui suivirent furent parmi les plus géniales. Voilà comment en vieillissant, Nicolas et quelques potes à lui créèrent leur société d’édition, YggDrasil, et leur propre jeu de rôle… Ji Herp, auquel nous avons tous eu l’occasion d’amener notre ciment.

 

Une fois au lycée, nous avons arrêté MAGIC © (devenu trop coûteux et trop différent de la version avec laquelle nous avions commencé), commencé à courir les filles (avec pas mal de difficultés vu qu’on était du groupe « intellos » et pas « rugbymen »)… Nous avons dû ralentir un peu le JdR… augmenté la fréquence des fiestas entre potes, avec l’alcool, les premières dragues, etc. Les filles nous intéressaient et nous y consacrions un temps fou. Jean Frédéric fut le premier à sortir du clan des « pussots »… je le suivi peu de temps après. Si Jean Frédéric et ses nouvelles aventures sexuelles s’éloigna du groupe, en ce qui me concerne, ma première aventure amoureuse était une joueuse… donc je pu continuer mon loisir… à loisir !

 

Les premières déceptions sentimentales eurent sur moi un effet dévastateur… Et certaines choses (dont je ne parlerais pas ici) firent qu’elles furent VRAIMENT très douloureuses moralement. Le jeu de rôle devint alors pour moi un exutoire de plus en plus puissant. On fut vite rejoints par de nouveaux joueurs très appréciables : Mathieu, Yoann, Nicolas (un autre), Muriel, Clément, etc. J’avais même réussi à intégrer mon pote Antoine, bourguignon de son état et qui passait de temps en temps à Toulouse, à nos parties débridées. Tout cela dura plus de trois ans… de pure folie !

 

J’ai ensuite rencontré PK, mon fidèle ami encore plus présent que jamais aujourd’hui… Il me présenta une jeune demoiselle… qui malheureusement sera venu à bout de toutes mes passions… patiemment. Bah oui PK, t’es un super pote… mais niveau agence des cœurs c’est à revoir.

Ma copine suivante fut donc une allergique du JdR… et je du abandonner un peu cette activité, au grand désespoir des autres du groupe… Et je me fis absent des tables de jeu de plus en plus longtemps…

 

Puis vint le temps des adieux… L’été qui suivit le baccalauréat marqua un départ précipité de la région toulousaine. AZF venait d’exploser, mon père était muté en Bretagne… ma copine, maintenant ma « fiancée » me gavait de plus en plus… et il était temps pour moi de prendre un peu le large. Je fis mes adieux à mes compères de toujours, enfin, ce qu’il en restait. Beaucoup de changements avaient eu lieu. PK avait rejoint nos tables, dont j’étais absent assez souvent, Franck (j’ais pas parlé de toi avant, désolé, malgré les excellentes parties qu’on faisait chez toi) était occupé avec de nouvelles activités virtuelles (le MMORPG du doux nom de 4e Prophétie) et délaissait le groupe, Julien était avec sa chérie, Jean Frédéric avait à moitié disparu, et Jérôme était parti très loin. Bref, le groupe avait beaucoup de mal à se tenir. Bref, nos chemins s’étaient séparés et le JdR n’était pas toujours facile à s’organiser… même si nous avions gardé tous un très bon contact.

 

Et c’est ainsi, que sans grand adieux, je pris sans trop de remords la route de la Bretagne… Quimper m’attendait, et la rentrée en faculté se rapprochait.

 

(TO BE CONTINUED)

 

Par Cédric
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Mardi 15 avril 2008

Non, ce n'est pas le titre perdu d'une obscure fable de La Fontaine, bien que ça puisse y ressembler.

Et oui... je suis désormais accompagné. La joyeuse inconsciente qui a accepté de me suivre dans mes aventures n'est autre qu'une jolie "roborovski" (hamster de son état) qui a un sacré coup de crayon. Son blog est bien sûr visible dans les liens de la rubrique "Le Zapping du Gnome".

Merci à toi pour ce délirant petit hommage que je trouve craquant. Je t'embrasse pas là... on est surveillés !

Par Cédric
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Vendredi 21 mars 2008





Par Cédric
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Lundi 10 mars 2008

La grand mère gnome est partie... Bon voyage.

robpetit.jpg

Par Cédric
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Dimanche 9 décembre 2007

Bah voilà. J'ai regardé il y a peu le fameux documentaire Suck My Geek (voir le teaser sur ce blog). Là, comme tous s'accordent à le dire, un geek nait souvent d'une déception sociale, amoureuse, intellectuelle...

Bref, pour devenir geek, il faut avoir eu des emmerdes à un moment donné.

Là je me dis : "mais dis donc mon pote, qu'est ce qui t'as rendu geek ?"

En ce qui me concerne, les raisons sont diverse, et je crois avoir un peu cumulé les diverses déceptions citées plus haut.

C'est avec douleur et nostalgie que je vais tenter de vous expliquer ce qui m'a amené à cet affectif particulier pour les univers imaginaires et ludiques.


Première rencontre :


Cette proportion à entrer dans la geekattitude est souvent liée à la rencontre avec des personnes qui, sans le savoir  parfois, vont  déjà  y avoir quelques neurones  de camouflées. Entendez par là, ils sont ou vont devenir geek mais l'ignorent.

Ce fut mon cas... dès la maternelle je pense. Soyons clairs, je ne peux affirmer cela qu'avec un certain recul car à l'époque, je ne pensais nullement à tout ceci, j'avais juste le nez dedans. Cette première rencontre fut celle d'un jeune garçon de mon âge à l'époque. Nous nous retrouvions en grande section de maternelle, nous ne nous connaissions pas encore, mon arrivée dans cette école étant encore fraîche. Il avait ce je ne sais quoi de "mis à l'écart". Bon, à l'école il y en a toujours dans ces cas là... mais là c'était particulier. Il n'avait pas une tête d'emmerdeur public des bacs à sable, pas la carrure des types qui, dès la maternelle et parce qu'ils ont hérité d'une carrure de futur rugbyman, se plaisent à venir vous cassez la gueule entre deux passages de tourniquet ou toboggan.
Non, lui il était petit, maigre et binoclard.

Très vite j'a été attiré par son calme. Rien à voir avec les chahuts récurrents des autres enfants. Moi même à cet âge, j'aspirais à ce calme, me retrouver tranquillement dans un coin et potasser un livre d'image. J'avais un rêve : en faire un jour un moi même. Le dessin arriva donc très tôt en ce qui me concerne. Mais revenons à notre binoclard. Lui, il ne dessinait pas... il lisait ! Et ça c'était fort !

Oui c'était fort ! Et j'ai tout de suite eu envie de le connaître. Merde quoi, ce mec il comprenait ce que signifiaient les trucs noirs emberlificotées en bas des images. Et encore, il fallait voir quelles images ! Pas le canard jaune de Monsieur Fernand le fermier du petit livre prédécoupé de l'école, ni le loup des trois petits cochons... Non non, ses images à lui étaient des fusées, des avions, des navettes, étoiles, planètes, chevaliers en armure, canons, machines diverses et variées. Hallucinant ! Très vite, j'ai profité des cours magistraux de ma chère grande sœur qui, le soir et les week end, se plaisait à m'enseigner toutes les choses obscures qu'on lui apprenait dans son occulte classe de CM1. De ce partenariat unilatéral naquît une nouvelle capacité pour moi : je commençais à savoir lire, et pas qu'un peu, pas que quelques mots... des phrases entières. Plus tard je commençais même à compter. Ce qui me valu, par ces très chères assistantes maternelles de l'époque, d'accéder directement au rang "du mec assis dans le fond de la classe un peu en avance sur les autres"... et j'y retrouvais mon compagnon de route binoclard. De ce jour, les aventures fantastiques purent commencer.

On se gavait de livres de sciences, de livres sur la préhistoire, les dinosaures, l'espace, les vieilles guerres moyenâgeuses... Tout un tas d'univers complètement délirants pour notre jeune âge, et qui nous sortait un peu des habituelles chansons de souris vertes ou de navire paumé en méditerranée. Dans la cours de récréation, nous fouissions le sol gravilloneux à la recherche de fossiles des créatures des temps passés... et le pire c'est que nous en trouvions. Très vite, la boîte à chaussure pointure 36 de la salle de classe et portant la mention "Fossiles" fut remplie à ras bord, et nous continuâmes cette collection chez nous.

Plusieurs années s'écoulèrent pendant lesquelles nous absorbions tout ce que l'on voulait bien nous donner. On appris l'histoire, la biologie, la géographie. C'était excitant d'apprendre tout ça, et de se les raconter ensuite, en déployant tout un arsenal de gestes et de mimiques. Mais mon ami était souffrant. Et ses aller-retour Jura/Région parisienne réguliers me mirent la puce à l'oreille. On m'expliqua très vite qu'il était malade et qu'il avait besoin de soins importants. Merde, la pire tragédie. Cet état renforça nos liens. Et démultiplia notre imagination. Nous n'arrêtions plus. Fouilles, fabrication artisanale de petits avions, jeux de reconstitution historique... bref, nous y déchargions toute notre énergie.

Vint le jour fatidique du CE2... et celui où je reçu ma première paire de lunettes. J'entrais dans la case binoclard, et direct au plus haut rang. Car je devais garder mes lunettes sur les nez pour lire ne serait-ce qu'au tableau. La boucle était bouclée. J'entrais dans le rand des "mecs qu'on fait chier à la récré", comme mon ami. Un an plus tard, après avoir épuisé mes professeurs avec mes dessins idiots, après avoir été "écarté" du catéchisme que je ne supportait pas, après avoir lu et relu Tolkien (et oui, déjà !) et après avoir repeint la salle de maternelle que j'occupais jadis avec une fresque de créatures préhistoriques,  j'appris que mon année de CM1 serait la dernière dans cette école. Mon père, pour des raisons qui m'échappaient totalement, avait décidé de partir dans un endroit nommé Toulouse, très très loin aux frontières sud de la France. Rage. Partir maintenant... alors que le CM2 allait certainement répondre à beaucoup de mes interrogations ! Et que va devenir Julie ? Après tout elle m'a donné un bisou... et pas n'importe lequel ! Et Paul, que va-t-il devenir ? Quand est-ce que je le reverrai ? Bref, les questions restaient sans réponses et se bousculaient, toujours plus nombreuses dans ma tête, faisant résistance face aux souvenirs emmagasinés que j'allais devoir garder précieusement après mon départ.

Le départ fut difficile, surtout pour ma sœur. Mon petit frère lui s'en foutais royalement... quel idiot ! Quand à moi, fidèle à mon caractère habituel... je subissait, sans rien dire, n'ayant l'air ni triste ni emballé par ce déplacement migrateur vers des régions ensoleillées.

Quelques jours plus tard... nous emménagions dans une nouvelle maison, fraîchement construite aux abords de Toulouse, en plein été... et accueillis par une tempête, des averses à n'en plus finir et un jardin ressemblant plus à un lac qu'à une future aire de jeu sur pelouse.

(TO BE CONTINUED)

Par Cédric
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Une petite Turlute

 

 


Petite version LIVE de la Turlute de Mes Souliers Sont Rouges sur TV Breizh.

J'suis où là ?!

Le binoclard

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